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Les mots sérieux et fidélité ont ils encore un sens de nos jours ?

Exprimer une révolte: 

Bonjour,

C'est en qualité d'observateur et de croyant que je constate que la société actuelle a perdu le sens des valeurs morales. L'âge des premiers rapports sexuels est de plus en plus tôt, les mariages se font plus rares et durent de moins en moins longtemps et il y a de plus en plus de familles recomposées. 

Je sais que Dieu est très mécontent de cette situation et même s'il est plein de compassion, il n'approuve pas du tout cette société décadente. La terre est devenu comme Sodome et Gomorrhe et on sait comment ses deux cités ont fini, détruites par le feu ! J'invite donc à prier pour un monde plus pur ou les mots sérieux (respect de son corps) et fidélité(respect de l'autre) retrouveraient leur raison d'être.

Amen.

Pat

 

 

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Commentaires

Portrait de Filippo-modérateur

Quelques idées qui me viennent.

Depuis les années 60-70, il est interdit (par la plupart des médias et des politiques) de parler des valeurs morales traditionnelles. Elles sont un obstacle au bonheur des hommes et doivent être éliminées des pratiques et des esprits. Seules les anti-valeurs imposées depuis cette époque ont droit de cité. Ces anti-valeurs, nous les connaissons bien, il suffit d’ouvrir un journal, d’écouter la radio ou de regarder la télévision pour qu’on nous les assène.

Il n’est dès lors pas étonnant que ces anti-valeurs se soient imposées progressivement dans toute la population, quelles que soient les convictions de départ. Chez les non-croyants, ce fut plus facile, car ils ne sont pas influencés par une autorité morale extérieure. Chez les catholiques, la propagation des anti-valeurs a pris plus de temps, car la structuration morale était plus forte, mais la déstructuration s’est faite de la même manière, lentement mais sûrement.

Les anti-corps que nous donnent l’Église, à savoir l’Écriture et des siècles de Tradition d’enseignement par les papes et les autres autorités spirituelles et intellectuelles, sont efficaces dès lors que nous acceptons de les recevoir. Beaucoup de baptisés vivent sans avoir la moindre idée de cet enseignement. Dès lors, ils se comportent comme les non-baptisés, leur mode de vie n’en diffère en rien.

Cette situation n’est pas du tout nouvelle dans l’histoire de l’Occident, même pas depuis sa christianisation. Regardez donc les Xe et XIe siècles, on est content de ne pas vivre à cette période ! Savoir cela permet de ne pas paniquer, de résister à la tentation de dire : « Nous vivons la pire époque de l’histoire de l’humanité ! ».

Alors que faire ? Je vous rejoins totalement quand vous invitez à prier : c’est bien sûr toujours la première chose à faire. En second, je dirais : se former. L’air que nous respirons est si empuanti par les anti-valeurs, nous les entendons si souvent vantée et nous nous sentons si souvent méprisés, voire haïs, de défendre les vrais valeurs, que le poison peut nous anesthésier et nous enlever toute volonté pour travailler, connaître, assimiler et vivre à fond ces vrais valeurs. Livres, revues, sessions, conférences, KTO, radios chrétiennes, groupes de prière, monastères, pères spirituels, chrétiens formés… nous avons le devoir d’avoir recours à tout ce que le monde ne peut ni ne veut nous donner : du solide, du durable.

Je veux prier pour ceux qui sont isolés, qui n’ont pas la possibilité de se former en groupe. Le blog de ce site (et tant d’autres sites catholiques) peut les nourrir spirituellement et intellectuellement. Jean-Paul II, Benoît XVI et François nous adjurent de nous former. Qui serions-nous pour ignorer leur appel ?

Je veux prier en particulier prier pour les jeunes. Le nombre de jeunes catholiques qui connaissent l’enseignement de l’Église sur la chasteté et la fidélité est infime. À nous de les aider, autant que possible, à voir toute cette beauté dont ils n’ont jamais entendu parler. Ceux qui connaissent cet enseignement, s’ils en parlent, seront instantanément classés dans la catégorie des débiles légers ou de ceux qui ont subi un lavage de cerveau par une secte dangereuse. Prions pour qu’ils ne soient pas tentés de tout envoyer promener pour rester dans la « norme ».

Je pense que quand nous sommes tentés de désespérer ou de juger notre époque, il est bon de nous souvenir de cette injonction de saint Augustin, qui vivait sous la menace constante des invasions barbares : « Les temps sont mauvais, les temps sont difficiles ; voilà ce que disent les gens… Vivons bien et les temps seront bons. C’est nous qui sommes les temps ! Tels nous sommes, tels sont les temps. » Saint Augustin.

Portrait de Cat-modératrice

Je suis d'accord avec Filippo, mais je voudrais ajouter, au sujet de votre révolte, que la colère de Dieu que nous voyons dans l'Ancien Testament est une manifestation de sa compassion envers les hommes. Cette compassion, dans le Nouveau Testament, se manifeste par les larmes et par la mort du Christ.

Quand Dieu voit que les hommes se font du mal, se détruisent et ne savent pas s'aimer les uns les autres, il est saisi de compassion, et il veut avant tout nous sauver plutôt que nous détruire.

Je suis tout à fait d'accord avec vos deux commentaires qui sont très instructifs, car je ne suis pas si érudit que Filippo, mais j'approuve sans réserves ses propos. Par contre dire que la colère de Dieu dans l'Ancien Testament est une preuve de compassion, alors pourquoi a-t-il détruit Sodome et Gomorrhe ? Je ne juge pas l'humanité, je constate et je sais que Jésus éprouve de la compassion et de la tristesse, tout comme moi qui ne trouve pas ma place dans ce monde trop impur. S'il arrive un temps où la terre serait devenu un endroit invivable, ne vaudrait-il pas mieux alors la détruire et repartir à zéro ? En ce moment l'Homme ménage si peu la planète qu'il se détruit lui-même. Et si cela continue le monde s'autodétruira, c'est donc à nous comme disait Saint Augustin de créer notre propre avenir en fonction des décisions que nous prendrons. Si nous pouvions créer une chaîne d'amour et changer les cœurs et les mentalités des personnes perdues dans les ténèbres, nous pourrions changer le monde. Un seul moyen pour y parvenir la prière à l'unisson ! L'amour est une force qui déplace des montagnes, je crois aux miracles parce que la vie en est un, alors je garde espoir malgré cette grande tristesse de voir et ressentir toutes ses souffrances humaines, avec comme seul remède la prière. J'aimerais tant pouvoir faire plus en toute humilité.

Portrait de Filippo-modérateur

« Pourquoi a-t-il détruit Sodome et Gomorrhe ? »

Cette question pose la question de la vérité historique des récits de l’Ancien Testament, ce qu’on appelle leur historicité. Plus on remonte dans le temps, plus il est difficile de d’affirmer que ces récits décrivent des faits constatés et rapportés fidèlement. Le monde a-t-il été créé en sept jours ? Certains patriarches ont-ils vécu plus de 500 ans ? Dieu a-t-il causé un déluge et dit à Noé de construire une arche ?

À ces questions, ceux qu’on appelle les créationnistes répondent oui. Rien dans la foi catholique ne vient à l’appui de l’historicité totale des récits de l’Ancien Testament, encore moins des plus anciens. Nous tenons que ces récits sont vrais, mais pas au sens historique. Ils sont vrais au sens théologique, car ils nous révèlent quelque chose sur Dieu et sur l’homme, tout comme les livres de Jonas, d’Esther ou de Tobie, des histoires sans prétention historique.

Déjà en Genèse 9, 15, Dieu dit à Noé : « je me souviendrai de l'alliance qu'il y a entre moi et vous et tous les êtres vivants, en somme toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. » (Parenthèse répondant à une autre question : ce verset nous montre que Dieu lui-même s’interdit, dès la Genèse, de « détruire la terre et de repartir à zéro. »)

Suite à ce qui vient d’être dit, attention de ne pas avoir une lecture littérale pour l’épisode de Sodome et Gomorrhe. Aucun journaliste n’était sur place. Si ces faits étaient réels, le livre de la Genèse aurait été écrit au moins cinq siècles plus tard, probablement beaucoup plus.

Il semble surtout que, dans l’histoire de Sodome et Gomorrhe, l’auteur cherche à nous enseigner sur la manière de faire de Dieu, par la question posée par Abraham : « Vas-tu vraiment supprimer le juste avec le pécheur ? Peut-être y a- t-il 50 justes dans la ville. Vas-tu vraiment les supprimer et ne pardonneras-tu pas à la cité pour les 50 justes qui sont dans son sein ? Loin de toi de faire cette chose-là! de faire mourir le juste avec le pécheur, en sorte que le juste soit traité comme le pécheur. Est-ce que le juge de toute la terre ne rendra pas justice ? Le Seigneur répondit : "Si je trouve à Sodome 50 justes dans la ville, je pardonnerai à toute la cité à cause d'eux." » (Genèse 18, 23-26)

Alors habituellement on se dit : Abraham, dans sa négociation, est descendu jusqu’à 10 justes, et Dieu lui a dit qu’il ne détruirait pas la ville s’il y avait 10 justes. Il n’y en avait pas 10, et donc Dieu a détruit la ville. Et si Abraham était descendu jusqu’à un ? Eh bien la ville aurait été sauvée, car il y avait bien un juste, qui était Lot. En Genèse, 19, 7, Lot dit à ceux qui veulent abuser de ses visiteurs : « Je vous en supplie, mes frères, ne commettez pas le mal ! ». Voici le seul juste de la ville. Dieu n’aurait pas détruit la ville si Abraham avait demandé à d’épargner la ville pour un seul juste. Dieu est prêt, dès l’Ancien Testament, à faire miséricorde, dès que quelqu'un fait le bien. La « punition collective » disparaît progressivement.

Tout le reste de l’Ancien Testament va dans le même sens. Jésus va plus loin encore dans le Nouveau testament. Il dit : « Je suis venu non pour les bien-portants, mais pour les malades, non pour les justes, mais pour les pécheurs. » Quand un village de samaritains refusent de l’accueillir, Jacques et Jean lui disent : « "Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ?" Mais, se retournant, il les réprimanda. » (Luc 9, 53). Rappelons-nous également de la parabole du bon grain et de l’ivraie : Dieu ne veut pas détruire le juste avec le pécheur. Il veut laisser au pécheur le temps de se convertir.

C’est l’absence de miséricorde qui suscite chez Jésus des attitudes très fermes, qu’avec nos critères d’aujourd’hui nous pouvons nommer brutales, violentes et insultantes. Cette attittude des pharisiens, scribes et chefs de prêtres est ce qui déplaît à Dieu, infiniment plus que les turpitudes morales. Refuser de pardonner, refuser de se pardonner à soi-même, tout cela nous détruit et nous mets hors de la communion avec celui qui pardonne encore et toujours.

Dieu n'est pas mécontent d'une telle situation, ou désapprouve quoi que ce soit. A mon avis, et par la Foi que j'ai en Dieu, il est "juste" triste de voir ce que le monde devient en se déchristianisant. Mais comment pourrait il être en colère ? Comment être en colère face à une population qui agit comme ça parce qu'elle n'a pas reçu la bonne parole ? Parce qu'on ne lui a pas transmis la vraie foi ?
Un ami qui est pourtant baptisé mais n'a rien reçu de ses parents m'a demandé une fois : mais la messe c'est tous les dimanches ???
Le reste des commandements de Dieu, méconnus ou vaguement appris enfants, les gens n'en voient que des contraintes parce qu'on ne leur a pas expliqué en profondeur leur signification. Ils n'en voient que des interdits. Alors, par rébellion, par revanche, ou par méconnaissance, ils les bravent.
Les libertins respectent autant leur corps que n'importe quelle autre personne. C'est une fausse idée que l'on a parce que nous, chrétiens, avons reçu une éducation différente, un point de vue différent sur la question. Ils vivent ainsi et s'en portent très bien. Mais quand on prend la peine d'en discuter avec eux, ils découvrent notre point de vue et ça les fait réfléchir sur le leur, sur le réel sens de leur vie et de leurs désirs.

Condamner sans comprendre les agissements de l'autre et ce qu'il y a au plus profond du coeur du prochain, ce n'est pas chrétien. Jésus n'a jamais condamné Marie Madeleine, ou la Samaritaine. Il a dit : va, et ne pêche plus. Ou bien : celui qui boira l'eau que je donnerai n'aura plus jamais soif. Donc Dieu n'est pas "mécontent" ou "en colère". Il est déçu, sans doute, mais miséricordieux et Il attend la conversion de ce peuple qui s'est éloigné de Lui.

Portrait de Cat-modératrice

Pour aller dans ton sens au sujet de ce que Dieu ressent face au péché, voici ce que le bienheureux Jean-Paul II a écrit dans l'encyclique Dominum et Vivificantem :

« Manifester le péché » ne devrait-il pas alors signifier également révéler la souffrance, révéler la douleur, inconcevable et inexprimable, que, à cause du péché, le Livre saint semble, dans sa vision anthropomorphique, entrevoir dans les « profondeurs de Dieu » et, en un sens, au cœur même de l'inexprimable Trinité ? L'Église, s'inspirant de la Révélation, croit et professe que le péché est une offense faite à Dieu. Qu'est-ce qui correspond, dans l'insondable intimité du Père, du Verbe et de l'Esprit Saint, à cette « offense », à ce refus de l'Esprit qui est Amour et Don? La conception de Dieu comme être nécessairement très parfait exclut évidemment, en Dieu, toute souffrance provenant de carences ou de blessures ; mais dans les « profondeurs de Dieu », il y a un amour de Père qui, face au péché de l'homme, réagit, selon le langage biblique, jusqu'à dire : « Je me repens d'avoir fait l'homme ». « Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre... Le Seigneur se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il s'affligea dans son cœur. Et le Seigneur dit... "je me repens de les avoir faits" ». Mais plus souvent le Livre saint nous parle d'un Père qui éprouve de la compassion pour l'homme, comme s'il partageait sa souffrance. En définitive, cette insondable et indescriptible « douleur » de père donnera surtout naissance à l'admirable économie de l'amour rédempteur en Jésus Christ, afin que, par le mysterium pietatis, l'amour puisse, dans l'histoire de l'homme, se révéler plus fort que le péché. Afin que prévale le « Don » !

Selon Jean-Paul II, quand la Bible montre un Dieu qui décide de détruire les hommes, dans des passages qui ne sont pas historiques mais symboliques — dans la citation de Jean-Paul II, il s'agit de la réaction de Dieu avant le déluge, où toute la terre a été détruite sauf Noé, sa famille et un couple de chaque espèce d'animaux. Celui qui a écrit ce passage n'a jamais eu l'intention de faire croire que c'était une réalité historique (contrairement, par exemple, au livre des Rois, à l'Exode ou aux Évangiles) — cela exprime une vérité sur ce qu'est Dieu et sur sa relation avec nous, et Jean-Paul II, bientôt déclaré saint par l'Église, nous explique que cela exprime l'amour paternel de Dieu vis-à-vis de nous.

Par contre, on ne peut pas généraliser sur l'innocence des personnes qui ne vivent pas selon les commandements de Dieu. Nous ne pouvons pas en juger, ni dans un sens ni dans l'autre. Pour l'exemple des libertins, sûrement certains ne pensent aucunement faire le mal et pense que se donner du plaisir mutuellement est toujours une bonne chose. Mais d'autres sont conscients de faire du mal, de blesser, et utilisent le mensonge pour manipuler et utiliser les autres.

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