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pourquoi les femmes ne peuvent pas être prêtre

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Portrait de Cat-modératrice

En tant que femme, la seule réponse à cette question qui m'ait pleinement satisfaite, est celle donnée par Jean-Paul II dans Mulieris Dignitatem (Lettre apostolique sur la dignité et la vocation de la femme) : 

Le Christ est l'Époux. Par là s'exprime la vérité sur l'amour de Dieu qui « a aimé le premier » (cf. 1 Jn 4, 19) et qui a dépassé toutes les attentes des hommes par le don qu'a engendré cet amour sponsal pour l'homme : « Il aima jusqu'à la fin » (Jn 13, 1). L'Époux — le Fils consubstantiel au Père en tant que Dieu — est devenu le fils de Marie ; « fils de l'homme », vrai homme, au masculin. Le symbole de l'Époux est du genre masculin. Dans ce symbole masculin est figuré le caractère humain de l'amour par lequel Dieu a exprimé son amour divin pour Israël, pour l'Église, pour tous les hommes. En méditant ce que disent les Évangiles sur l'attitude du Christ à l'égard des femmes, nous pouvons conclure que comme homme, fils d'Israël, il a révélé la dignité des « filles d'Abraham » (cf. Lc 13, 16), la dignité appartenant à la femme à l'égal de l'homme dès le « commencement ». En même temps, le Christ a mis en valeur toute l'originalité de la femme par rapport à l'homme, toute la richesse qui lui est accordée dans le mystère de la création. Dans l'attitude du Christ envers la femme, nous voyons accompli de manière exemplaire ce que le texte de la Lettre aux Éphésiens exprime par le concept d'« époux ». Précisément parce que l'amour divin du Christ est un amour d'Époux, il est le paradigme et le modèle de tout amour humain, en particulier de l'amour des hommes.

 

[...] L'Eucharistie rend présent et réalise à nouveau sacramentellement l'acte rédempteur du Christ qui « crée » l'Église, son corps. À ce « corps », le Christ est uni comme l'époux à l'épouse. Tout cela est dit dans la Lettre aux Éphésiens. Dans le « grand mystère » du Christ et de l'Église se trouve introduite l'éternelle « unité des deux » constituée dès le « commencement » entre l'homme et la femme.

 

Si le Christ, en instituant l'Eucharistie, l'a liée d'une manière aussi explicite au service sacerdotal des Apôtres, il est légitime de penser qu'il voulait de cette façon exprimer la relation entre l'homme et la femme, entre ce qui est « féminin » et ce qui est « masculin », voulue par Dieu tant dans le mystère de la Création que dans celui de la Rédemption. Dans l'Eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du Christ-Époux envers l'Église-Épouse. Cela devient transparent et sans équivoque lorsque le service sacramentel de l'Eucharistie, où le prêtre agit « in persona Christi », est accompli par l'homme. 

Les prêtres représentent le Christ d'une manière toute particulière. Dans le dessein de Dieu, la masculinité de Jésus n'était pas un choix par défaut, parce qu'il fallait bien choisir de s'incarner dans l'un des deux sexe, et que tout bien pesé il était plus pratique d'être un homme dans une société où l'on se méfiait des femmes.

Au contraire, la masculinité du Christ veut dire quelque chose du type d'amour que Dieu a pour nous. Si Dieu nous a créés hommes et femmes, pour nous donner les uns aux autres (pas seulement dans le mariage) d'une façon totalement influencée par notre masculinité ou notre féminité, c'est parce que cette différence des sexes a un sens bien plus profond que celui d'une simple nécessité biologique en vue de la procréation. L'homme masculin a une dignité infinie, et il est appelé à se donner de façon masculine, pour témoigner de l'amour de Dieu qui nous aime d'une façon masculine. La femme a une dignité infinie et elle est appelée à se donner d'une façon féminine, pour témoigner elle aussi de certaines tonalités uniques de l'amour de Dieu qui nous aime d'une façon féminine.

Jésus s'est incarné comme un homme masculin, et Il a livré sa vie pour son Épouse, d'une façon qu'Il a voulue masculine. Ainsi, Il montre aussi le chemin aux hommes masculins pour leur montrer jusqu'où doit aller leur amour. Et il est selon sa volonté que le sacerdoce soit masculin, et que nous recevions l'Eucharistie des mains d'un homme ayant pour vocation de nous aider à découvrir la Personne du Christ, qui s'est fait homme humain, et qui s'est fait homme masculin.

Portrait de Cat-modératrice

L'abbé Claude André, sur twitter, me donne cette réponse : « Pourquoi les hommes ne peuvent être enceinte ? pourquoi Marie a donné naissance à Jésus et pas un homme ? complémentarité ! »

Portrait de Cat-modératrice

Charlotte a posé la question suivante à un autre endroit du site, mais je préfère y répondre ici :

 

Ma question : l'Eglise donne-t-elle toujours la même justification, pour son refus de l'ordination de femmes prêtres? Ou y-a-t-il une évolution?

Très concrètement, il ne s'agit pas d'un problème d'égalité, non, il s'agit d'un problème de différences de psychologies, entre les hommes et les femmes.

Les fidèles, et les différentes personnes qui peuvent vouloir parler à un prêtre, et plus ou moins se confier, sont aussi bien des hommes que des femmes.
Et la différence de psychologies entre hommes et femmes peut à mon avis empêcher des femmes "timides", disons, de parler à un prêtre (homme) .

Tu parles des personnes qui veulent parler ou se confier à un prêtre. Tant qu'il ne s'agit pas du sacrement de la confession, rien n'empêche les personnes intimidées par les hommes de se confier à une femme qui saura tout aussi bien les écouter. Les religieuses, les laïques consacrées ou les laïques non consacrées qui ont les qualités humaines et la formation nécessaires pour écouter et conseiller quelqu'un comme le ferait un prêtre ne manquent pas.

Ensuite, si une personne a du mal à se tourner vers un prêtre pour se confesser, là il est effectivement impossible de faire appel à quelqu'un d'autre. Mais la confession est éprouvante pour tout le monde, hommes et femmes, timides et audacieux...

La peur de parler à un prêtre dans le cadre de la confession fait partie du combat spirituel de chaque catholique. Si quelqu'un a un blocage psychologique insurmontable qui l'empêche de parler à un prêtre, Dieu est suffisemment grand pour trouver un autre moyen de l'aider, et suffisemment juste et bon pour ne pas l'envoyer en enfer pour ça wink.

Mais Dieu souhaite que nous fassions (sauf impossibilité matérielle ou grave impossibilité psychologique) cette expérience de recevoir Sa miséricorde en nous confiant à un homme qui le représente. Si tu as lu le texte de Jean-Paul II que j'ai cité plus haut, tu as vu que la raison pour laquelle il affirme que le sacredorce doit rester masculin, c'est du fait de la relation nuptiale que nous devons avoir avec Jésus. Le prêtre est à la fois une image de Dieu Père et de Dieu Époux. Les personnes qui ont, généralement à cause de leur vécu, beaucoup de difficulté à accueillir la figure du père ou la figure de l'époux, sont souvent, par la même occasion, blessées dans l'image qu'elles ont de Dieu, qu'elles assimilent à l'image qu'elles ont des pères et des époux humains.

Pour pouvoir avancer dans leur vie spirituelle, ses personnes ont souvent besoin d'une guérison de ces mauvaises images de Dieu. Remplacer le prêtre par une femme, pour éviter de faire peur à ces personnes, pourrait finalement être un obstacle à leur prise de conscience de Qui est vraiment notre Père et notre Époux.

Merci beaucoup, je trouve toutes ces réponses très logiques, et je les approuve, à part peut-être une chose que tu as écrite, Cat, je ne suis pas sûre que ce soit vrai partout, je te cite :

"Les religieuses, les laïques consacrées ou les laïques non consacrées qui ont les qualités humaines et la formation nécessaires pour écouter et conseiller quelqu'un comme le ferait un prêtre ne manquent pas."

Mais il est vrai qu'il y en a de plus en plus, de ces "laïques" de cette sorte...

 

Portrait de Cat-modératrice

Oui, bien sûr, ce n'est pas vrai partout, mais de toutes façons, là où on manque de religieuses on manque encore plus de prêtres, car les religieuses sont beaucoup plus nombreuses que les prêtres et les religieux.

Après, la qualité humaine de chacun n'est pas prévisible ni "organisable".

Portrait de Cat-modératrice

À ce sujet, je signale ce qu'a déclaré notre pape François le 15 août
dernier :

« En ce qui concerne l’ordination des femmes, l’Église a parlé et dit : "Non". C’est Jean-Paul II qui l’a dit, mais il l’a formulé de manière définitive. Cette porte-là est fermée, mais à ce sujet, je veux te dire une chose. Je l’ai dit, mais je le répète. La Vierge Marie était plus importante que les apôtres, les évêques, les diacres et les prêtres. La femme, dans l’Église, est plus importante que les évêques et les prêtres. Comment ? C’est ce que nous devons chercher à mieux expliciter parce que je crois qu’il manque encore une explicitation théologique. »

Le pape François est un malicieux pasteur:il connait la réponse,mais nous laisse le soin de la chercher.Lire le chapitre 12 de L'Apocalypse de Saint Jean en regard de la premiére tentation d'Eve dans la Genése:la réponse est là..Au boulot chers fréres et soeurs! :)

Bonjour Cat-Modératrice,

Je suis jeune prêtre. En suivant récemment un cours sur les Ecrits attribués à l'école de Saint Jean – Evangile, lettres, apocalypse – je pense avoir découvert un élément propre au mystère de la vocation féminine. Du même coup, se trouve éclairé le sacerdoce de tous les membres du peuple de Dieu.
Je vais essayer de résumer ma découverte, ce qui m'oblige à raccourcir beaucoup le travail exégétique, qui serait pourtant nécessaire pour mieux argumenter ce que je vais avancer. Mais je veux juste ouvrir un chemin de réflexion.

Dans l'Evangile de Cana (Jn 2), on dit que “la mère de Jésus y était” (deux fois). Jésus l'appelle “femme”, dans une mise à distance. Le narrateur insiste bien sur le fait que Marie est la “Mère de Jésus”. On comprend que dans les paroles de Jésus il n'y a pas de violence, d'autant que le fils va finalement accéder à la demande de sa mère. Au contraire, en parlant ainsi, Jésus révèle à Marie quelle est sa qualité propre, spirituelle et théologique. Elle est LA “femme”. Elle est aussi l'image et le modèle de toutes les femmes. Mais ce nom, cette révélation reste ambigüe : qu'est-ce que cela signifie ?

Pour le comprendre, nous devons aller à la croix (Jn 19,25-27) :“Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: "Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple: "Voici ta mère." Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit comme sienne.” A nouveau, et par quatre fois, on dit de Marie qu'elle est “la mère” de Jésus, puis du disciple.

L'interprétation donnée en cours par le P. Javier Lopèz, et qui suit des exégètes importants tels que Ignace de La Potterie et Ugo Vanni, est la suivante. Être mère, c'est recevoir la semence puis se mettre au service de la croissance de l'enfant. Marie n'est pas la source du germe divin, elle en est le réceptacle. C'est bien Dieu qui la rend féconde. Marie est celle que Dieu choisit pour accompagner, protéger, nourrir et faire grandir l'enfant. Lorsque Jésus lui confie le disciple bien-aimé – c'est-à-dire tout chrétien qui suit Jésus –, il révèle à Marie sa vocation de “femme” : porter (en son sein), accompagner et favoriser la croissance des disciple du Christ. De même que dans le discours sur le baptême avec Nicodème, le disciple doit comprendre qu'il s'agit là d'une maternité spirituelle. Dans sa renaissance, Marie y tient le rôle de “mère”. Il y a là une dimension de médiation : Marie accompagne vers Dieu, enfante les disciples à Dieu, fait croître vers Dieu et en Dieu.

En écoutant ce cours, voici la prolongation que j'en donne. Si être mère du disciple est être médiateur de la relation entre le disciple et Dieu, alors il y a dans la maternité une dimension sacerdotale.

Or, cette dimension de gestation et d'enfantement, d'accompagnement et de nutrition est celle de toute l'Eglise, Epouse du Christ. L'exégèse le montre en mettant en rapport le terme de “femme” avec deux passages de l'Apocalypse : 12,1-6 et 19,6-9. Vous citiez Jean-Paul II dans Mulieris dignitatem pour montrer que la femme est image de l'Eglise comme Epouse. Je pense qu'on peut citer Saint Jean pour affirmer que “la femme” est aussi image de l'Eglise comme “mère”.

Ainsi, pour approfondir la vocation de la femme, nous pouvons partir de la vocation de l'Eglise et de la vocation de Marie. Le sacerdoce de la femme n'est pas d'être à l'origine de la vie, comme la Vierge Marie n'est pas la source ni de la divinité ni de l'existence de Jésus. Elle en est le calice très pur, le réceptacle et la protectrice. De la même manière, toute femme mère est image de la vocation du baptisé : elle reçoit la vie et la fait croître, elle reçoit Jésus et elle l'enfante au monde. Le sacerdoce féminin, c'est celui de toute l'Eglise : recevoir ce don infini et lui permettre de croître, d'abord en soi-même mais aussi dans nos frères. Dans le sacerdoce féminin de l'Eglise, nous devenons tous, les uns pour les autres, des mères par notre baptême. Et c'est à la femme de nous enseigner comme faire. N'est-ce pas en effet sa vocation par excellence ?

Bien en communion fraternelle, merci pour votre site,

Père Matthieu Bobin

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Père Matthieu,

D'abord, je vous demande pardon pour avoir tant tardé à valider votre commentaire, mais je n'avais pas reçu d'email de notification et je ne l'avais donc pas vu.

Merci pour ce point de vue très intéressant.

Cependant, il me semble, en tant que femme, qu'il est plus difficile à accepter de ne pas être admise au sacerdoce en échange d'un rôle de mère qu'en échange d'une place d'épouse. La mère aide à grandir, mais finalement son rôle consiste à conduire son enfant vers une maturité qui lui permettra de se passer d'elle.

Tandis que l'épouse est indissolublement unie à son époux et elle prend part à sa mission en œuvrant avec lui. 

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